L’environnement, un enjeu électoral essentiel

Selon le rapport 2020 sur l’état des forêts au Canada, les forêts canadiennes sont devenues nettes émettrices de CO2 en raison des feux de forêt et des épidémies d’insectes.

POINT DE VUE / Alors que la campagne électorale fédérale bat son plein, la protection de l’environnement doit figurer au programme des différents partis. La boussole électorale publiée le 24 août dernier illustre clairement les attentes des électeurs : «l’environnement est l’enjeu le plus important, selon les participants — et pas seulement chez les jeunes —, avec 32 % des votes».


Citant le rapport du GIEC sur les conséquences inquiétantes des émissions de gaz à effet de serre sur l’environnement mondial, Renaud Gignac, de l’Institut canadien pour des choix climatiques, rappelle l’importance d’agir, même si les émissions canadiennes ne représentent qu’une petite proportion des émissions mondiales : «Au Canada, les émissions par habitant démontrent que nous sommes parmi les plus grands émetteurs au monde. En matière d’exemplarité, on a un rôle important à jouer.»

Pour Patrick Bonin, de Greenpeace Canada, «ces graves avertissements lancés par les meilleurs climatologues du monde devraient servir de base pour les plateformes électorales des partis politiques en vue des prochaines élections. […] En tant que l’un des plus grands producteurs et exportateurs de combustibles fossiles au monde, le Canada fait partie du problème, mais nous pouvons et devons faire partie de la solution».

Rappelant que la protection et l’amélioration de l’environnement contribuent au bien-être des populations et au développement économique, l’Organisation des Nations unies a lancé en avril dernier la Décennie pour la restauration des écosystèmes, une mission mondiale visant à faire revivre des milliards d’hectares dégradés, des forêts aux terres agricoles, du sommet des montagnes aux profondeurs de la mer. Depuis trop longtemps, nous surexploitons et détruisons les écosystèmes naturels essentiels à la vie. Toutes les trois secondes, le monde perd suffisamment de forêts pour couvrir un terrain de football et, au cours du siècle dernier, nous avons détruit la moitié des zones humides. Selon le rapport 2020 sur l’état des forêts au Canada, les forêts canadiennes sont devenues nettes émettrices de CO2 en raison des feux de forêt et des épidémies d’insectes.

Alors que les émissions mondiales de GES augmentent sans cesse, la perte d’écosystèmes prive le monde de puits de carbone naturels, comme les forêts et les tourbières, à un moment où l’humanité peut le moins se le permettre. La conservation des milieux naturels existants ne suffit plus, les gouvernements et les entreprises doivent investir massivement dans la restauration des écosystèmes dégradés pour faire face à la perte de biodiversité et aux changements climatiques. Le simple propriétaire de boisé peut aussi contribuer significativement à cet objectif si on lui en donne les moyens.

Le gouvernement fédéral se doit de mettre en place des mesures économiques qui encouragent les entreprises et les citoyens propriétaires de terrains à restaurer, entretenir et attribuer à leurs propriétés un statut de protection et à investir dans les solutions naturelles de séquestration de carbone.

L’honorable Jonathan Wilkinson n’a-t-il pas déclaré : «Nous sommes à un moment charnière pour l’action internationale en matière de climat. La science montre qu’il est essentiel que les pays en fassent plus pour lutter contre les changements climatiques.»

Il est temps pour les partis politiques et le futur gouvernement fédéral de répondre à ces enjeux par des engagements et surtout des actions concrètes.