Navette à l'aéroport de Québec: les taxis se sentent exclus

Les taxis se sentent laissés pour compte dans le dossier d'une navette à l'aéroport. Ils rencontreront la semaine prochaine l'Office du tourisme pour en savoir plus sur ce projet déjà bien avancé qui concurrencera directement leur industrie.


«La navette, c'est le taxi qui doit faire ça», lance le président de Taxi Coop Québec, Abdallah Homsy. «Selon ce que j'ai lu dans votre journal, ça fait un peu de contractions, alors j'ai demandé des éclaircissements.»

M. Homsy dit en effet avoir appris dans Le Soleil de mercredi l'évolution des travaux d'un comité composé du Réseau de transport de la Capitale, de la Ville et de l'Office du tourisme. Or, si son organisation a eu une rencontre en octobre, il dit avoir été tenu à l'écart des développements des derniers mois.



«On veut être impliqués. Il faut voir les intérêts de tout le monde là-dedans», poursuit M. Homsy à la tête d'un parc de 340 voitures et de 700 chauffeurs.

Selon lui, des collaborations sont possibles, et il donne l'exemple de l'annonce cette semaine d'un partenariat qui permettra le transport en taxi gratuit pour les délégués du congrès SportAccord du 20 au 25 mai.

Rapport déjà déposé

Du côté de l'Office du tourisme de Québec (OTQ), le directeur Gabriel Savard confirme avoir accepté une rencontre avec les représentants de Taxi Coop. Elle aura vraisemblablement lieu mardi.



En entrevue, M. Savard a aussi révélé que le dossier est plus avancé qu'on pouvait le croire. Le comité, dont font aussi partie des hôteliers, a en effet déposé en janvier au maire Régis Labeaume et à la direction générale de la Ville le résultat de son étude qui privilégie un modèle de navette. «Nos recommandations sont très claires», indique-t-il.

Le directeur de l'OTQ reconnaît aussi que l'industrie du taxi n'a pas fait partie de la réflexion au sein du comité. Une décision prise en toute bonne foi, assure M. Savard. «On ne les a pas écartés de l'exercice. On les a considérés de façon privilégiée, mais on ne les a pas inclus dans le groupe de travail, car ils auraient été juge et partie dans les solutions qui étaient explorées», se défend-il.

Mardi, lors d'une conférence de presse de l'Office du tourisme, le maire a montré son impatience en qualifiant de «gênant» le fait que Québec ne soit pas dotée d'une telle navette. Il a aussi prévenu qu'un tel système ne sera pas rentable et que des fonds publics devront être investis.

Pas rentable

Gabriel Savard confirme qu'une navette ne sera pas rentable et qu'elle devra être subventionnée. Et le fait que la façon de financer le système retenu n'est pas encore définie justifie aussi à ses yeux le silence envers les chauffeurs de taxi.

«La seule raison pour laquelle on ne s'est pas penché avec les taxis sur les conclusions de la navette, c'est parce qu'on va le faire lorsqu'on aura une solution financière à l'horizon, dit-il. Sinon, on ne parle que d'hypothèses et d'expectative.»

M. Savard assure que la rencontre de la semaine prochaine permettra de discuter et de «rassurer» les chauffeurs de taxi, joueurs majeurs du transport à l'aéroport.