Nouveau vote, même menace

Au premier jour de la campagne officielle, les talibans ont appelé hier les Afghans à boycotter le deuxième tour de l'élection présidentielle le 7 novembre et ont brandi la menace de nouvelles violences à cette occasion.


Les talibans préviennent que «tout électeur blessé sera responsable de sa situation» et appellent à «lancer des attaques contre les bases ennemies, à empêcher les gens de participer à l'élection et à bloquer la circulation des véhicules gouvernementaux et civils» pour l'élection.Les fondamentalistes armés avaient déjà appelé au boycottage du premier tour du 20 août, tirant des roquettes sur des villes du Sud, tuant des dizaines d'électeurs et coupant aussi les doigts marqués d'encre d'au moins deux personnes qui avaient voté.Cette mise en garde intervient au premier jour de la campagne officielle pour ce second tour entre le président sortant Hamid Karzaï et l'ancien chef de la diplomatie Abdullah Abdullah. Il s'agit de la première réaction des rebelles depuis l'annonce d'un second tour. Ces menaces et la désillusion des Afghans envers leurs politiciens font craindre une participation encore plus faible qu'au premier tour.Au début de la campagne, plusieurs responsables de l'équipe du docteur Abdullah ont accusé de partialité les trois principaux membres de la Commission électorale indépendante. Selon Homayoun Assefy, candidat à la vice-présidence d'Abdullah,son camp mettait sur pied une liste de revendications, ajoutant que «si aucune de nos conditions n'est respectée, ce sera une sorte de boycottage».Wahid Omar, porte-parole du camp Karzaï, a répliqué que ce dernier s'inquiétait plus des risques de violence pendant le second tour. Il a appelé les insurgés à ne pas s'opposer au scrutin par les armes, «pour le bien de ce pays».Il a aussi exclu tout éventuel accord de partage de pouvoir négocié avec le camp d'Abdullah.«Le seul moyen légal d'avoir un futur gouvernement légitime, c'est d'avoir des élections. C'est le seul moyen constitutionnel de mettre un terme à la crise actuelle», a-t-il ajouté.